Scherwiller 1525

 

Retour des guerres d’Italie Conflit social et religieux

entre la noblesse et les riches paysans alsaciens

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Les paysans se sont révoltés, en Allemagne d’abord, puis en Alsace et en Lorraine. Ce n'est pas une simple jacquerie, une grogne sociale, mais un vaste mouvement mue par une foi protestante que le duc Antoine de Lorraine, champion de l'église catholique doit prendre au sérieux. Antoine fait appel à toutes les ressources monétaires de ses mines d'argent vosgiennes et lève une armée avec des troupes venant de tout l’occident chrétien : de la cavalerie lourde du duché de Lorraine et de bar, mais aussi de Champagne (Claude de Guise, le cadet d’Antoine est le gouverneur de Champagne) , des lansquenets allemands, des arquebusiers espagnols,  des stradioti italiens et un large parc d’artillerie. Une force qui peut paraître démesurée face à une simple jacquerie, mais les paysans alsaciens ne sont pas des paysans ordinaires. Ils sont formés à la guerre, près de la moitié d’entre eux possède une arquebuse et est inscrit à un club de tir. Ils ont des ressources financières importantes et emploient des mercenaires suisses et allemands, vétérans des guerres d’Italie. L'armée d'Antoine vient de passer les Vosges et s’apprête à envahir la plaine d'Alsace, mais devant le village viticole de Scherwiller près de Sélestat, Antoine constate que les paysans se sont retranchés derrière un wagenburg (un assemblage de chariots et de barricades) de près de 2 km de long et armés de plus de 8000 arquebuses, ils l'attendent de pied ferme. Les troupes d’Antoine vont devoir traverser à découvert le vignoble alsacien, passer cette barricade avant d’affronter les paysans et les mercenaires qui les épaulent. L'entreprise est plus que risqué, c'est alors qu'Antoine entrevoit l'opportunité que lui offre le terrain et des conditions météorologiques.

 

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Vue d ensemble de scherwiller